Monter un dossier CEE pour un bâtiment tertiaire : Qui fait quoi
Une entreprise qui rénove un bâtiment tertiaire ne dépose pas elle-même son dossier CEE : seuls les titulaires d'un compte au registre national des certificats peuvent le faire, en pratique un fournisseur d'énergie soumis à l'obligation ou une société à qui il l'a déléguée. Le maître d'ouvrage choisit ce financeur, signe son offre au plus tard le jour où il accepte le devis, fait réaliser les travaux puis fournit les justificatifs. Le dossier est déposé dans les 12 mois qui suivent l'achèvement, et les certificats sont délivrés en deux mois.
Règles vérifiées le 15 octobre 2026 dans les textes officiels
Qui fait quoi
| Acteur | Rôle dans le dossier |
|---|---|
| Le bénéficiaire : propriétaire, locataire ou gestionnaire qui fait les travaux | Choisit le financeur, accepte son offre avant le devis, fait réaliser l’opération, signe l’attestation sur l’honneur et reçoit la prime. |
| L’obligé : fournisseur d’électricité, de gaz, de chaleur, de froid, de fioul ou de carburants au-delà d’un seuil de ventes | Doit justifier d’un volume de certificats sur la période 2026-2030. Il finance des travaux, dépose les dossiers et obtient les certificats. |
| Le délégataire | Société à qui un obligé a confié tout ou partie de son obligation. Même rôle que l’obligé auprès du bénéficiaire. |
| L’installateur | Établit le devis et la facture avec les mentions exigées par la fiche, réalise les travaux et cosigne l’attestation sur l’honneur. Souvent partenaire d’un financeur, il peut déduire la prime de sa facture. |
| Le bureau d’études | Identifie les fiches applicables, calcule le volume, réalise les études que certaines fiches imposent, vérifie devis et factures et aide à comparer les offres. |
| Le ministère (pôle national des CEE) | Instruit la demande, délivre les certificats sur le registre national et contrôle les dossiers. |
Seul un titulaire d'un compte au registre national peut déposer une demande (article R. 221-22). Outre les obligés et leurs délégataires, la loi ouvre ce droit à quelques personnes « éligibles » pour leurs propres actions : collectivités territoriales et leurs groupements, sociétés d'économie mixte et sociétés publiques locales dont l'objet inclut l'efficacité énergétique, Agence nationale de l'habitat, organismes HLM (article L. 221-7). Une entreprise privée ou une foncière passe donc par un financeur.
Les étapes, dans l’ordre
- Étudier le projet : fiches applicables, volume de certificats, conditions techniques (performance, étude de dimensionnement pour une pompe à chaleur, classe de régulation pour une GTB).
- Consulter plusieurs financeurs et comparer leurs offres, exprimées en euros ou en euros par MWh cumac. Le volume ne change pas d’une offre à l’autre ; le prix, si.
- Signer l'offre au plus tard à la date d'engagement de l'opération. Le financeur doit justifier d'une contribution contractualisée, ou d'un engagement écrit, au plus tard à cette date (article R. 221-22). Pour une entreprise, l'engagement est la signature du contrat de travaux, l'acceptation du devis ou du bon de commande, l'ordre de service ou l'acte d'engagement (arrêté du 4 septembre 2014).
- Réaliser les travaux par un professionnel. La date d'achèvement est celle du document qui prouve la réalisation : facture, décision de réception ou décompte général définitif.
- Rassembler les justificatifs : facture conforme à la fiche, attestation sur l'honneur complétée par le bénéficiaire et par le professionnel, documents techniques demandés.
- Déposer la demande moins de 12 mois après l'achèvement (article 4-1 de l'arrêté du 4 septembre 2014). C'est le financeur qui dépose.
- Délivrance des certificats dans les deux mois suivant la réception d’un dossier complet pour une opération standardisée, six mois pour une opération spécifique (article R. 221-22). La prime est versée selon les termes de l’offre.
Les pièces du dossier
Le financeur transmet un tableau récapitulatif des opérations et une attestation de conformité, et archive les pièces justificatives, qu'il tient à la disposition des agents de contrôle (arrêté du 4 septembre 2014, annexes 2 et 5). Côté bénéficiaire, il faut fournir :
- le devis ou le contrat de travaux, qui date l'engagement de l'opération ;
- l'offre du financeur acceptée, qui prouve son rôle actif et incitatif ;
- la facture ou la preuve de réalisation, avec les mentions exigées par la fiche : matériel, marque et référence, performances, surface ou puissance ;
- l'attestation sur l'honneur, signée par le bénéficiaire et par le professionnel ;
- les documents techniques propres à chaque fiche : étude préalable de dimensionnement pour les pompes à chaleur collectives, justificatif de classe de régulation pour une GTB, contrat de fourniture de chaleur pour un raccordement à un réseau.
Ce qui fait perdre la prime
- Un devis signé avant l'offre du financeur. Sans contribution contractualisée au plus tard à l'engagement, pas de certificats.
- Une facture incomplète : sans les mentions exigées par la fiche, l’opération ne peut pas être justifiée.
- Un dépôt hors délai, plus de 12 mois après l'achèvement.
- Une double demande : une même opération ne peut donner lieu qu'à une seule délivrance de certificats (article R. 221-15). D'une fiche à l'autre, certains cumuls sont aussi interdits, comme la GTB avec l'optimiseur de relance.
- Le seul respect d'une réglementation : les opérations qui ne font que respecter la réglementation en vigueur au 1er janvier 2026, début de la période en cours, ne donnent pas lieu à certificats (article R. 221-15). À vérifier pour une GTB dans un bâtiment déjà soumis au décret BACS.
- Une offre Coup de pouce d’un fournisseur non signataire de la charte : sans charte signée, pas de bonification du Coup de pouce chauffage.
Sans fiche : les opérations spécifiques
Une action qui n'entre dans aucune fiche d'opération standardisée peut faire l'objet d'une opération spécifique : le volume est calculé sur étude, à partir d'une situation de référence. Le code impose que les économies ne remboursent l'investissement qu'après plus de trois ans (article R. 221-17), et l'instruction dure jusqu'à six mois. C'est la voie des projets industriels ou des rénovations atypiques ; elle demande un dossier technique solide.
Le rôle d'un bureau d'études
Le bureau d'études n'est obligatoire que lorsque la fiche impose une étude, comme pour les pompes à chaleur collectives ou la géothermie. Il sert surtout à ne pas perdre la prime : il identifie toutes les fiches applicables au projet, calcule les volumes avant la consultation des financeurs, rédige les exigences techniques pour que devis et factures portent les bonnes mentions, et vérifie le dossier avant le dépôt.
Enorel, bureau d'études thermiques et fluides partenaire du site, intervient dès l'étude du projet, avant la signature des devis. Téléphone : 06 69 05 62 76.
Questions fréquentes
Qui monte un dossier CEE pour une entreprise ?
Le financeur des certificats, fournisseur d'énergie soumis à l'obligation ou délégataire, dépose le dossier : seul un titulaire d'un compte au registre national peut le faire. Le bénéficiaire fournit les justificatifs, l'installateur la facture et l'attestation, et un bureau d'études peut préparer l'ensemble en amont.
Une entreprise peut-elle déposer elle-même un dossier CEE ?
Non, sauf si elle fait partie des personnes éligibles de l'article L. 221-7 du code de l'énergie (collectivités, sociétés d'économie mixte ou sociétés publiques locales tournées vers l'efficacité énergétique, organismes HLM, ANAH). Une entreprise privée passe par un obligé ou un délégataire.
Quand faut-il signer l’offre CEE ?
Au plus tard à la date d'engagement de l'opération : signature du contrat de travaux, acceptation du devis ou du bon de commande, ordre de service. Une offre signée après le devis ne permet pas d'obtenir les certificats.
Quel est le délai pour déposer un dossier CEE ?
La demande doit être déposée moins de 12 mois après la date d'achèvement de l'opération, c'est-à-dire la date de la facture ou du document qui prouve la réalisation.
Combien de temps pour obtenir les certificats et la prime ?
Le ministère délivre les certificats dans les deux mois qui suivent la réception d'un dossier complet pour une opération standardisée, six mois pour une opération spécifique. La date de versement de la prime dépend ensuite de l'offre du financeur.
Un bureau d'études est-il obligatoire pour un dossier CEE ?
Seulement quand la fiche impose une étude, comme l'étude préalable de dimensionnement des pompes à chaleur collectives. Dans les autres cas, il sert à identifier toutes les opérations éligibles, à calculer les volumes et à sécuriser devis, factures et justificatifs.
Sources
- Code de l'énergie, articles L. 221-1 à L. 221-4 : obligés et obligations d'économies d'énergie (Légifrance)
- Code de l'énergie, article L. 221-7 : personnes éligibles et délivrance des certificats (Légifrance, version en vigueur depuis le 11 avril 2024)
- Code de l'énergie, articles R. 221-14 à R. 221-23 : délivrance des certificats, rôle actif et incitatif, délais (Légifrance)
- Code de l'énergie, article R. 221-1 : sixième période d'obligation, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030 (Légifrance)
- Arrêté du 4 septembre 2014 fixant la liste des éléments d'une demande de certificats d'économies d'énergie, version consolidée (Légifrance, données à jour au 1er septembre 2026)
- Ministère chargé de l’énergie, fiches d’opérations standardisées en vigueur
- Ministère chargé de l’énergie, questions-réponses sur le dispositif des CEE (questions I.1 et I.5)
Seuls les textes publiés au Journal officiel et par le ministère chargé de l'énergie font foi. Les valeurs en euros sont indicatives : la prime versée dépend de l'offre de chaque fournisseur.