AGRI-TH-108 révisée : Pompes à chaleur de serre, étude indépendante et montants relevés
Un arrêté du 26 octobre 2026, publié au Journal officiel du 28 octobre, remplace la fiche AGRI-TH-108 « Pompe à chaleur de type air/eau pour serres maraîchères ou horticoles ». La nouvelle version s'applique aux opérations engagées depuis le 29 octobre 2026. Elle réserve la fiche aux grosses installations tout électriques et relève fortement les montants.
InstallateursPublié le 29 octobre 2026
Règles vérifiées le 29 octobre 2026 dans les textes officiels
Ce qui change
La fiche ne couvre plus que les pompes à chaleur air/eau neuves, et elle impose l'électrification totale du chauffage des serres.
- Chaque pompe à chaleur du système a une puissance thermique nominale d'au moins 300 kW. Les PAC hybrides gaz et électricité ne sont pas éligibles.
- Aucune chaudière à combustible ne peut être conservée ou installée pour chauffer les serres, sauf en secours. Le secours est consigné, ne tourne qu'en cas d'indisponibilité des PAC, dans la limite de 500 heures par an, et sa consommation ne dépasse pas 12 % de celle du système de PAC.
- La serre est isolée au moins en couverture, et la puissance souscrite au contrat d'électricité dépasse la somme des puissances des PAC.
- Un ballon de stockage d'au moins une heure, et d'au moins 150 m³ par hectare de serre chauffée, est relié aux PAC. Un système fixe de gestion climatique pilote l'ensemble, et les mesures sont gardées six ans.
- La pose est faite par un professionnel indépendant de l'exploitant : les travaux réalisés par l'exploitant ou son service technique ne sont pas éligibles.
Les seuils de performance restent ceux de l'ancienne version : efficacité saisonnière d'au moins 111 % (126 % en basse température) jusqu'à 400 kW, COP d'au moins 3,4 au-delà.
L'étude préalable, désormais indépendante de l'installateur
L'installation fait l'objet d'une étude préalable de dimensionnement, datée et signée, remise au bénéficiaire à l'engagement de l'opération. Le professionnel qui la réalise est indépendant de l'entreprise chargée de l'installation de la PAC. L'étude est aussi le document justificatif spécifique de l'opération.
Elle doit contenir les déperditions de jour et de nuit à la température de base, la puissance nécessaire au chauffage des blocs de serre, la puissance fournie par les PAC, le taux de couverture annuel du chauffage, le dimensionnement du ballon de stockage et, si besoin, l'état des puissances électriques avant et après travaux.
Montants : de 2,6 à 3,5 fois plus par m²
| Pompe à chaleur | Serre maraîchère | Serre horticole |
|---|---|---|
| Jusqu'à 400 kW, efficacité de 111 % à moins de 140 % | 2 600 kWh cumac/m² | 1 200 kWh cumac/m² |
| Jusqu'à 400 kW, efficacité de 140 % et plus | 2 900 kWh cumac/m² | 1 400 kWh cumac/m² |
| Au-delà de 400 kW, COP de 3,4 à moins de 4 | 2 700 kWh cumac/m² | 1 300 kWh cumac/m² |
| Au-delà de 400 kW, COP de 4 et plus | 2 800 kWh cumac/m² | 1 300 kWh cumac/m² |
La surface retenue est plafonnée par la puissance : 20 m² par kW en maraîcher, 18 m² par kW en horticole. L'ancienne version donnait de 780 à 1 040 kWh cumac/m² en maraîcher et de 370 à 490 en horticole. Le plafond de surface monte de 15 à 20 m² par kW en maraîcher, mais il baisse de 31 à 18 m² par kW en horticole : une serre horticole grande pour la puissance installée gagne moins que ne le laisse croire le tableau.
Exemple : une serre maraîchère d'un hectare chauffée par une PAC de 500 kW au COP de 4. Surface retenue : 10 000 m², soit 28 000 MWh cumac, environ 246 960 € au prix moyen des CEE classiques de septembre 2026 (8,82 € le MWh cumac). Avec l'ancienne version, la même opération valait 7 800 MWh cumac, environ 68 796 €. La prime versée dépend de l'offre de chaque financeur.
Ce que ça implique pour les serristes et les installateurs
L'installateur ne peut plus fournir lui-même l'étude : il faut un bureau d'études indépendant, choisi avant la signature du devis, puisque l'étude est remise à l'engagement. Le ballon de stockage et la gestion climatique entrent dans le chiffrage du projet. Une serre chauffée au gaz qui garderait sa chaudière en appoint sort du champ de la fiche.
Le contrôle se fait sur site pour 100 % des opérations, et le demandeur de certificats doit inscrire chaque opération dans son point d'avancement mensuel au ministère.
Pour la déshumidification des mêmes serres, la fiche AGRI-TH-117 demande aussi une étude préalable de dimensionnement.
Échéances
- 29 octobre 2026 : la nouvelle version s'applique aux opérations engagées à partir de cette date. Les opérations engagées avant restent sur l'ancienne version.
- 1er octobre 2031 : la fiche ne s'applique plus aux opérations engagées à partir de cette date.
Sources
- Arrêté du 26 octobre 2026 portant révision de la fiche AGRI-TH-108 et du référentiel de contrôle associé (NOR ECOR2626133A), Légifrance, consulté le 29 octobre 2026
- Registre Emmy, prix moyen mensuel des CEE classiques (septembre 2026), consulté le 29 octobre 2026
Seuls les textes publiés au Journal officiel et par le ministère chargé de l'énergie font foi. Les valeurs en euros sont indicatives : la prime versée dépend de l'offre de chaque financeur.