Déstratification d’air BAT-TH-142 : La note de dimensionnement et le calepinage
La fiche BAT-TH-142 finance la déstratification d’air des locaux tertiaires de grande hauteur, et IND-BA-110 celle des bâtiments industriels. Les deux fiches exigent une note de dimensionnement avec calepinage, rédigée par un professionnel ou un bureau d’études qui remplit des conditions de qualification, et signée par le client, qui valide ainsi les hypothèses. Le nombre d’appareils posés doit suivre cette note. Ce guide reprend les locaux éligibles, les exigences techniques, le contenu de la note et le calcul du volume.
Règles vérifiées le 15 octobre 2026 dans les textes officiels
Les locaux éligibles
- un bâtiment tertiaire existant (BAT-TH-142) ou industriel existant (IND-BA-110) ;
- un local complètement clos et chauffé, par un système convectif, radiatif ou les deux ;
- une hauteur sous plafond ou sous faîtage d’au moins 5 mètres ;
- une consigne de chauffage, local occupé, d’au moins 15 °C.
Sont exclus les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage, ainsi que les brasseurs d’air plafonniers. Le système de déstratification doit être indépendant du chauffage : il n’apporte pas de chaleur propre et n’est alimenté ni par le chauffage ni par une récupération de chaleur fatale.
L’entreprise qui pose le système doit être couverte par une assurance de responsabilité décennale pour les travaux d’électricité. Les deux fiches valent pour les opérations engagées avant le 1er août 2030.
Les exigences techniques du système
| Exigence | Écoulement vertical | Écoulement horizontal |
|---|---|---|
| Aspiration | Dans le cinquième supérieur de la hauteur | Sur toute la hauteur : à 1 m au plus du sol et à 1 m au plus du plafond |
| Vitesse de l’air à 1 m du sol | 0,2 m/s au plus | 0,2 m/s au plus |
| Régulation | Asservie à une mesure de température entre l’appareil et le plafond | Asservie à une mesure de température entre l’appareil et le plafond |
| Bruit (tertiaire seulement) | Moins de 45 dB(A) au sol | Moins de 45 dB(A) |
| Autre | Dispositif de mélange de l’air aspiré |
Le contenu de la note de dimensionnement
La fiche fixe un contenu minimal en deux parties : la description du local, puis les caractéristiques des appareils.
| Le local | Les appareils installés |
|---|---|
| Hauteur sous plafond ou sous faîtage | Volume minimal d’air brassé par heure (m³/h) |
| Volume et surface à déstratifier | Surface déstratifiée (m²) |
| Moyens de chauffage et leurs puissances nominales | Hauteur de pose |
| Ventilation mécanique : débits et pressions selon l’occupation | Vitesse de l’air au sol à 1 m de hauteur |
| Consigne de chauffage local occupé | Nombre d’appareils rapporté au volume d’air brassé |
| Besoin minimal de brassage par heure pour tenir la consigne | Modalités de dimensionnement et asservissement à la température |
Le calepinage est le plan qui donne la position précise de chaque appareil. La note porte une référence, l’adresse des travaux et les coordonnées de son auteur. Les flux d’air ne doivent jamais être orientés vers les bouches de soufflage de la ventilation mécanique : la note doit le montrer.
Qui rédige et qui signe
La note et le calepinage sont établis par un professionnel ou un bureau d’études qui remplit l’une des conditions suivantes :
- qualification OPQIBI 1327 « Ingénierie de la performance énergétique dans le traitement climatique des bâtiments » ;
- qualification OPQIBI 1905 « Audit énergétique des bâtiments » pour BAT-TH-142, ou OPQIBI 1717 « Audit énergétique dans l’industrie » pour IND-BA-110 ;
- ou études réalisées selon les normes NF X 50-091, NF EN 16247 ou équivalentes.
La note est datée et signée par son auteur et par le client, qui valide ainsi les hypothèses retenues. Le nombre d’appareils posés doit être cohérent avec ses préconisations : une note qui prévoit huit appareils ne justifie pas un chantier qui en pose six.
Les données à réunir
- le local : plan coté, hauteur sous faîtage, surface, volume, obstacles en partie haute (poutres, chemins de câbles, ponts roulants) ;
- le chauffage : liste des émetteurs avec leur puissance nominale et leur nature, convective ou radiative ; si une chaudière chauffe plusieurs locaux, sa puissance se répartit au prorata des volumes chauffés ;
- la ventilation : débits, pressions et position des bouches de soufflage ;
- l’usage : consigne de chauffage et horaires d’occupation ;
- le matériel envisagé : débit, vitesse de l’air au sol, niveau de bruit et hauteur de pose donnés par le fabricant.
Le volume du local ne suffit pas à fixer le nombre d’appareils : il dépend aussi du débit de chaque modèle, de sa hauteur de pose et des obstacles.
Le volume de certificats
Le volume se calcule pour tout le local déstratifié : montant par kW selon la zone climatique et la nature du chauffage, multiplié par la puissance nominale du chauffage du local.
| Zone | Tertiaire convectif | Tertiaire radiatif | Industrie convectif | Industrie radiatif |
|---|---|---|---|---|
| H1 | 3 900 | 1 400 | 7 200 | 2 500 |
| H2 | 4 500 | 1 600 | 8 000 | 2 800 |
| H3 | 4 600 | 1 600 | 8 500 | 3 000 |
Sont convectifs les centrales de traitement d’air, rooftops, aérothermes, générateurs d’air chaud et ventilo-convecteurs ; sont radiatifs les cassettes, tubes et panneaux radiants et les planchers chauffants. Un local chauffé par les deux cumule les deux montants.
Hypothèse de calcul, pas un cas réel : une salle de sport en zone H1 chauffée par des aérothermes d’une puissance nominale totale de 200 kW. Le volume vaut 3 900 × 200 = 780 MWh cumac, soit environ 6 900 € au prix moyen de septembre 2026 (8,82 € le MWh cumac).
Les erreurs qui coûtent les certificats
- Un local de stockage ou une réserve : exclu, même s’il est chauffé.
- Une consigne sous 15 °C, fréquente dans les ateliers peu chauffés.
- Une note sans la signature du client, ou sans les coordonnées de son auteur.
- Un rédacteur sans qualification OPQIBI reconnue par la fiche et qui ne travaille pas selon les normes citées.
- Un nombre d’appareils posés différent de celui de la note.
- Une puissance de chauffage surévaluée : la part d’une chaudière commune se calcule au prorata des volumes chauffés.
Faire réaliser la note
Enorel prépare la note de dimensionnement et le calepinage BAT-TH-142 dans le périmètre fixé au devis. L’installateur relève le site, confirme les données des appareils, réalise les travaux et les vérifications sur place ; le client valide les hypothèses. Enorel vérifie avant de confirmer la mission le champ de la fiche et les exigences qu’elle pose au rédacteur.
Détail de la prestation : étude de déstratification BAT-TH-142 sur enorel.fr. Enorel a aussi publié un article sur les relevés à transmettre pour cette étude.
Questions fréquentes
Quelle hauteur minimale pour la déstratification BAT-TH-142 ?
5 mètres sous plafond ou sous faîtage, dans un local tertiaire complètement clos et chauffé, avec une consigne d’au moins 15 °C quand il est occupé.
Un entrepôt peut-il bénéficier de la fiche ?
Non. Les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage sont exclus de BAT-TH-142 comme de IND-BA-110.
Qui peut rédiger la note de dimensionnement ?
Un professionnel ou un bureau d’études qualifié OPQIBI 1327 ou 1905 (1717 en industrie), ou qui réalise ses études selon les normes NF X 50-091, NF EN 16247 ou équivalentes.
Le client doit-il signer la note ?
Oui. La note est datée et signée par son auteur et par le client, qui valide ainsi les hypothèses retenues.
Comment se calcule la prime de déstratification ?
Montant par kW selon la zone et la nature du chauffage (de 1 400 à 4 600 kWh cumac par kW en tertiaire), multiplié par la puissance nominale du chauffage du local. Les montants convectif et radiatif se cumulent si le local a les deux.
Sources
- Fiche BAT-TH-142, système de déstratification d’air, version A71-4 à compter du 1er août 2025 (ministère chargé de l’énergie)
- Fiche IND-BA-110, système de déstratification d’air, version A71-4 à compter du 1er août 2025
- Ministère chargé de l’énergie, fiches d’opérations standardisées en vigueur
- Enorel, études CEE pour les entreprises CVC et plomberie sanitaire
Seuls les textes publiés au Journal officiel et par le ministère chargé de l'énergie font foi. Les valeurs en euros sont des hypothèses de calcul : la prime versée dépend de l'offre de chaque financeur.